jeudi 9 novembre 2017

1914-1918

En cette période de commémoration de l'armistice de 1918, quelques conseils de livres et de films.

Tout d'abord, le classique de Erich Maria Remarque, A l'ouest rien de nouveau:



Ensuite, une adaptation cinématographique de ce roman réalisée par Lewis Milestone:





Pour les amateurs de mélos, L'adieu aux armes de Frank Borzage, tiré du roman du même nom écrit par Ernest Hemingway:





On peut regarder aussi Frantz de François Ozon, ce film étant lui-même une adaptation libre de Broken Lullaby (L'homme que j'ai tué) de Lubitsch:





Un roman autobiographique sur le sujet, Orages d'acier (In Stahlgewittern) d'Ernst Jünger:





Indispensable, Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick:








Enfin (mais la liste est loin d'être exhaustive), un excellent film américain, Johnny s'en va-t'en guerre (Johnny got his gun) de Dalton Trumbo:






Et en bonus, un petit Karambolage sur cette commémoration vue par nos amis allemands:











mardi 7 novembre 2017

En piste pour Kinema 2017-2018!

La nouvelle saison de Kinema a commencé!

Les élèves de la 1e ES2-S2 du lycée Pierre Corneille de Rouen porteront cette année les couleurs des lycées haut-normands impliqués dans le dispositif.

Et comme d'habitude, c'est un beau programme qui nous attend.

Le film français est le premier long métrage de Morgan Simon, un jeune réalisateur français très prometteur: Compte des blessures (nous en avions parlé ici: http://umdiewurst.blogspot.fr/2017/01/oedipe-et-tatouages.html)







Le film allemand est interprété entre autres par l'excellente Sandra Hüller, exceptionnelle dans Toni Erdmann ; il s'agit de Über uns das All de Jan Schomburg:








Et le film polonais à partir duquel les élèves travailleront lors de la rencontre en tiers-lieu est intitulé Body et a été réalisé par Malgorzata Szumowska:








Cette année, nous serons hantés par les fantômes des morts...

samedi 4 novembre 2017

Les pissenlits par la racine

Et pour clôturer ces vacances de Toussaint, un petit aperçu du cimetière au cinéma (merci Blow Up!):



jeudi 2 novembre 2017

zombie mon ami

Parmi la multitude de films de zombies existant, quelques classiques à voir et à revoir en cette période d'Halloween:

La nuit des morts vivants (G. Romero, 1968):





Zombie (G. Romero, 1978):



Dernier train pour Busan (Sang-Ho Yeon, 2016):


vendredi 20 octobre 2017

Canines germaniques

En cette période d'Halloween, rappelons tout de même que le premier film de vampires de l'histoire du cinéma est allemand, c'est l'incontournable Nosferatu, eine Sinfonie des Grauens de Murnau (1922):



Le film en entier peut être vu là:
https://www.youtube.com/watch?v=7qqO9qhhwEE
https://www.youtube.com/watch?v=oAX2WBzCh5Y


On peut aussi regarder avec intérêt la version des années 70 réalisée Werner Herzog, qui n'a pas forcément toujours bien vieilli, mais dans laquelle Klaus Kinski campe un Dracula très convaincant:



Le film en entier peut être regardé là:
https://www.youtube.com/watch?v=Hl0nO3e6SKg


Il n'est pas allemand mais danois et a réalisé de nombreux films en Allemagne. Dix ans après Murnau, Carl Theodor Dreyer nous propose sa vision du vampire (Vampyr, 1932):



On peut trouver une version complète du film ici:
https://www.youtube.com/watch?v=pz5aW_IqmMw




Plus récemment et dans un registre moins classique, le vampire est réapparu dans des films allemands, plus légers, pas forcement indispensables mais néanmoins assez plaisants:

Therapie für einen Vampir (2015)




Die Vampirschwestern  (2012)







Et avec le temps, la figure du vampire a largement changé, ce n'est plus le monstre hâve aux doigts crochus qui se penche sur le cou de ses victimes, mais de séduisantes créatures comme celles de Wir sind die Nacht (2010):


mardi 3 octobre 2017

Fiction augmentée

Une lecture de rentrée incontournable, Brandebourg (Unterleuten en vo) de Juli Zeh:

Brandebourg

Brandebourg

Les éoliennes peuvent rapporter gros – mais à qui ? Une partie d’échecs se joue derrière les façades proprettes d’un village du Brandebourg où des Berlinois épris d’un romantique “retour à la campagne” côtoient des paysans du cru et leurs familles. De vieilles rancoeurs – datant de l’époque de la chute du Mur – se réveillent et des stratagèmes de vengeance se fomentent. Une manipulatrice essaie de tirer profit des désirs des uns et des haines des autres.
Grâce à la plume d’acier de Juli Zeh, cette belle fresque villageoise contemporaine offre du rire et de l’effroi. Un formidable thriller rural qui renouvelle et dynamite le roman de terroir.


Source:  http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/brandebourg


Au-delà du livre, l'auteur propose de nombreuses ressources numériques qui prolongent la fiction en la mêlant à notre réalité:
http://www.actes-sud.fr/brandebourg/

Un excellent article de Mediapart au sujet de ce livre:
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/300917/un-thriller-rural-avec-site-internet


Et pour finir, deux ouvrages pour découvrir l'univers de Juli Zeh:

 La Fille sans qualités par Zeh                               L'aigle et l'ange par Zeh


Légèreté bavaroise

En ces derniers jours de l'Oktoberfest 2017, une vidéo indispensable sur les moeurs bavaroises:





dimanche 24 septembre 2017

Le système électoral allemand



Comment fonctionne le système institutionnel allemand ? Comment se déroulent les élections législatives ? Tout comprendre sur la politique allemande...

Les institutions allemandes

Affiche électorale Allemagne
Affiche électorale Allemagne © / EC
L’Allemagne est un État fédéral composé de 16 Länder dotés chacun d’une Constitution, d’un Parlement et d’un gouvernement. Les Länder sont représentés au niveau fédéral et participent à la législation fédérale. Ils gèrent indépendamment la politique régionale et les affaires en matière de culture et d’éducation.
La Loi fondamentale est le fondement juridique et politique de l’Etat, elle soumet la législation au régime constitutionnel. La Cour constitutionnelle fédérale veille au respect de la Loi fondamentale.
Le chef de l’Etat est le président fédéral, il est élu pour cinq ans au suffrage indirect par l’Assemblée fédérale composée des députés du Bundestag et d’un nombre égal de représentants élus par les parlements des Länder, les Landtage. Le président fédéral en fonction est Joachim Gauck depuis le 18 mars 2012. Il n'a qu'un rôle de représentation de l’Etat allemand avec très peu de pouvoir. Il propose formellement le chancelier qui doit être élu par le Bundestag et doit promulguer toute loi adoptée par le Bundestag pour qu’elle soit mise en vigueur.
Le chancelier exerce de fait l’essentiel du pouvoir exécutif. Il est élu au suffrage universel indirect pour un mandat renouvelable de quatre ans à la majorité absolue des membres du Bundestag sur proposition du président fédéral, après la conclusion des négociations entre les partis politiques.
Selon la Loi fondamentale, le chancelier fixe les grandes orientations de la politique allemande et en assume la responsabilité. Lui seul a le droit de constituer le cabinet. Il lui revient ainsi de décider du nombre de ministères, de définir leurs domaines de compétence et de choisir, de fait, les ministres, car c’est lui qui propose leur nomination et leur révocation au président fédéral.

Deux chambres

Bundestag - Parlement Allemagne
Bundestag - Parlement Allemagne © Ole SPATA / MAXPPP
Le système institutionnel allemand est bicaméral :Le Bundestag (Assemblée fédérale) et le Bundesrat (Chambre des Länder) composé de délégués des gouvernements des Länder se partagent le pouvoir législatif.
Le Bundesrat , la chambre haute du parlement fédéral, n’est pas élue au suffrage universel. Il compte 69 membres, qui sont en fait des membres des gouvernements des Länder. Il n’y a donc pas d’élections des membres du Bundesrat, même indirectes, ni de moment précis où cette chambre est renouvelée. Sa composition varie au fur et à mesure que les différents Länder changent de gouvernements. Le gouvernement fédéral n’est pas obligé de détenir la majorité au Bundesrat.
Le Bundestag , la chambre basse du parlement vote les lois, élit le chancelier fédéral et contrôle le gouvernement. L’assemblée plénière, d’un nombre de 598 sièges, est le forum des débats parlementaires sur les questions de loi essentielles en politique étrangère et intérieure. En vertu de l’article 38 de la Loi fondamentale : "Les députés du Bundestag sont élus au suffrage universel, direct, libre, égal et secret. Ils sont les représentants de l’ensemble du peuple, ne sont liés ni par des mandats ni par des instructions et ne sont soumis qu’à leur conscience." Le député conserve donc son mandat parlementaire même s’il est exclu du parti ou s’il le quitte. En fonction de leur appartenance politique, les députés s’associent en groupe parlementaire dès lors qu’ils ont obtenu le nombre minimum de sièges. L’importance respective des groupes parlementaires détermine la répartition des sièges dans les commissions.Le président du Bundestag est élu parmi les membres du groupe parlementaire le plus fort. Il dirige les séances plénières et veille au respect du règlement intérieur du parlement.

Le fonctionnement des élections législatives

Les élections législatives - qui ont lieu tous les quatre ans - visent à renouveler les sièges des députés du Bundestag. Les Allemands élisent directement les membres du Bundestag selon un système qui mélange systèmes majoritaire et proportionnel.Chaque électeur dispose de "deux voix" pour l’élection du parlement :Avec leur première voix (Erststimme) , ils choisissent un nom, c’est-à-dire le candidat en circonscription qu’ils voudraient voir représenter leur région au Bundestag. La moitié des 598 députés sont ainsi élus au suffrage universel direct et uninominal à un tour (le direktmandat ou mandat direct). Chacune des 299 circonscriptions est donc représentée par le candidat qui y remporte la majorité relative.Avec leur deuxième voix (Zweitstimme) , les électeurs déterminent le rapport de force entre les partis au Bundestag. Ils votent pour une liste de candidats affiliée à un parti et présentée dans chaque Land qui permettra de désigner, au système proportionnel, le nombre de sièges revenant à chaque parti (les environ 300 autres députés). Il est tout à fait possible pour un électeur de choisir un parti politique différent pour chacune de ses deux voix. L’ensemble des sièges du Bundestag est réparti entre tous les partis en fonction des pourcentages de deuxièmes voix obtenues par ceux-ci sur l’ensemble du pays. Restriction importante : on ne tient compte que des partis qui ont recueilli au moins 5 % des deuxièmes voix sur le plan national ou qui ont obtenu avec les premières voix un siège dans au moins trois districts électoraux. Si un parti ne passe pas cette barre, il peut tout de même sièger au Bundestag s’il obtient au moins trois mandats directs. Ces règles électorales fondamentales sont un héritage du passé national-socialiste afin d’éviter l’émiettement des partis au sein du Parlement, caractéristique de la République de Weimar. Elles permettent ainsi la constitution d’un parlement capable d’agir, et créent des rapports gouvernementaux stables. Lors de la répartition des sièges, on commence par attribuer les mandats directs obtenus dans les circonscriptions. Ils sont pourvus, même lorsque le parti n’obtient pas de siège par la voix proportionnelle.

Difficile de gouverner seul

Au Bundestag, les députés appartenant aux différents partis se réunissent pour former des groupes parlementaires, pour défendre et mettre en œuvre leurs objectifs et leurs programmes politiques. Si aucun groupe parlementaire ne dispose de la majorité absolue des sièges, les groupes parlementaires négocient entre eux pour trouver une coalition de gouvernement.
A l’exception de la CDU/CSU sous Konrad Adenauer, qui a emporté 50,2 % lors des législatives en 1957, aucun groupe parlementaire n’a jamais pu gouverner seul. Même si, dans la pratique politique, certaines associations sont quasiment impossibles (par exemple une alliance entre les chrétiens-démocrates et les communistes), les partis sont théoriquement libres de s’allier avec toutes les formations représentées au Bundestag. Ce sont, en général, les similitudes de programmes, des accords préélectoraux entre les partis et, bien entendu, la répartition des sièges qui déterminent la formation de coalitions de gouvernement.


Source:  https://www.franceinter.fr/monde/le-systeme-electoral-allemand

NB: la fiche n'est pas tout à fait à jour, L'Allemagne a un nouveau Bundespräsident depuis février 2017: 

Die Wahl des deutschen Staatsoberhaupts 2017


Bundeskanzlerin Dr. Angela Merkel gratuliert Dr. Frank-Walter Steinmeier
Foto: Deutscher Bundestag, Fotograf: Achim Melde
Der frühere Außenminister und SPD-Politiker Frank-Walter Steinmeier ist am 12. Februar 2017 zum neuen Bundespräsidenten Deutschlands gewählt worden.


source: https://www.lpb-bw.de/bundespraesidentenwahl_2017.html

FÖJ - FSJ

Deux petites vidéos sur le Freiwilliges Ökologisches Jahr et le Freiwilliges Soziales Jahr, qui aident les jeunes Allemands à trouver leur voie dans le monde du travail:







lundi 5 juin 2017

Tiers-lieu (5) : Nos élèves ont du talent

Et puis est arrivée la grande soirée où chaque groupe a présenté aux autres le fruit de ses efforts.

Les valeureux élèves de l'atelier "théâtre d'improvisation" ont ouvert le bal, ils furent splendides (Bon, les allusions et citations sont plus claires quand on a vu les trois films. Merci à Léa d'avoir filmé avec la 2e caméra):










Puis vinrent les films des autres groupes, entièrement écrits, tournés et montés par les élèves (si si si) et on peut dire qu'ils ont été très bons.

Voici le film que vous attendiez tous, celui auquel ont contribué les élèves du lycée Thomas Corneille de Barentin (le meilleur, bien sûr...):




dimanche 28 mai 2017

Tiers-lieu (4) : miam!

Les échanges interculturels, c'est bien beau mais ça ne se passe pas que dans la tête, il y a aussi l'estomac. Nous avons passé une fort agréable soirée à découvrir les régions dont venaient les uns et les autres, et surtout à en goûter les spécialités:




































On adore les échanges inter-culturels...




Bref

Les élèves de l'option CIAV ont tourné et monté de petites vidéos à la manière de "Bref", voici leurs travaux:










vendredi 19 mai 2017

Tiers-lieu 2017 (3) : Osnabrück entdecken

Afin de faire découvrir Osnabrück à nos chères têtes blondes, les collègues allemands ont organisé un rallye dans la ville. Les élèves avaient pour mission de se photographier devant les différents monuments qu'ils devaient retrouver.







































Et ça a donné ça:






samedi 13 mai 2017

Tiers Lieu 2017 (2) : Speed dating

Première matinée à Osnabrück. Les groupes franco-germano-polonais se sont rapidement vus la veille lors de la projection de Crache coeur.
 Mesdames et messieurs, les groupes Kinema 2016-2017:










Il a fallu ensuite faire plus ample connaissance avant de démarrer le travail d'atelier:



lundi 1 mai 2017

jeudi 27 avril 2017

Les films des élèves

Et nous sommes fiers de vous présenter les productions des 1e qui ont participé cette année au projet KINEMA. Ils devaient traiter du thème de l'exclusion et de la tolérance, en tournant un petit spot pour une campagne de prévention du harcèlement à l'école.

Bravo à eux!
 










Tiers-lieu 2017 (1) : Kinema débarque à Osnabrück

Et c'est reparti!

Après 10 heures de car (une broutille à côté des 22 heures pour aller l'an dernier en Pologne), nous sommes arrivés en pleine forme à Osnabrück, en Basse-Saxe, pour la rencontre en tiers lieu de cette année.

A peine sortis du bus, nous avons couru au cinéma pour regarder le troisième film du programme : Crache Coeur, de la réalisatrice franco-polonaise Julia Kowalski:


















Entretien avec Julia Kowalski, réalisatrice du film "Crache cœur"

Après une première présentation à Cannes dans la sélection de l'ACID en 2015, le premier long métrage de Julia Kowalski est sorti dans les salles en France le 17 février 2016. Retour sous forme d'entretien sur ce premier long métrage.

Cédric Lépine : Rose, le personnage principal, est une adolescente qui porte véritablement tout le film à travers une personnalité inédite dans le paysage du cinéma français. Comment l'avez-vous conçu au moment de l'écriture ?
Julia Kowalski 
: L'écriture a été à la fois claire et intuitive car Rose, c'est un peu moi. Même si ce n'est pas autobiographique, il y a plein d'éléments personnels dans le film. On peut dire que l'histoire repose sur les souvenirs de ma propre adolescence. Je n'ai donc pas effectué de recherches, ni rencontré des adolescents d'aujourd'hui pour construire ce personnage. Avec ce film, je ne me plaçais donc pas dans le réalisme social contemporain mais plutôt dans l'idée de faire un film atemporel, qu'il s'agisse du traitement de l'image ou de la mise en scène. Le parcours de Rose était pour cette raison évident, ce qui ne m'a pas empêchée de rencontrer des difficultés à écrire le scénario parce que je devais construire des intrigues beaucoup plus développées.

C. L. : Comment l'expérience de ce premier long métrage vous a-t-elle nourrie personnellement dans ce dialogue avec votre propre histoire ?
J. K. 
: En effet, la première version du scénario est apparue comme si je l'avais déjectée de façon brûlante et viscérale. J'ai pris beaucoup de plaisir à finalement « vider mon sac ». Les nombreuses années que prend la réalisation d'un premier long métrage m'ont permis de prendre de la distance par rapport à cette histoire, très personnelle au départ et qui ne l'est finalement plus. Le film est ainsi devenu plus universel et j'aimerais que chacun puisse éprouver en voyant le film les émotions que j'ai moi-même éprouvées. Ainsi, Rose est devenue un véritable personnage de fiction : ce n'est plus du tout moi. Comme la réalisation du film a été longue, j'ai moi-même entre temps évolué ce qui accentue ma distance avec cette histoire. C'est un peu bizarre mais au final faire un film est proche d'un travail analytique : on parle de choses très personnelles, ce qui nous permet de les dépasser.

C. L. : Comment avez-vous dirigé l'actrice principale pour qu'elle puisse incarner ce que vous avez été ?
J. K. 
: J'ai tout d'abord réalisé un casting très long avant de trouver Liv Henneguier : il m'a fallu un an avant de trouver la perle rare. Avec Liv j'ai donc eu littéralement un coup de foudre. Nous nous ressemblons physiquement et dans ses attitudes aussi je me retrouvais beaucoup. Lorsque je l'ai vue dans un film pour la première fois, c'est devenu une évidence pour moi qu'elle était mon personnage, à tel point que je ne souhaitais pas assister à ses premiers essais de casting. Lors de notre première rencontre, nous sommes restées quatre heures à parler de nos vies respectives et à y trouver de nombreux points communs, notamment notre double culture puisqu'elle a des origines suédoises et moi polonaises. Nous avons très vite parlé des scènes du film sans la moindre ambiguïté. Nous nous sommes fait confiance dès le début et sur le plateau c'était un bonheur absolu. En outre, elle est totalement spontanée, brillante et intelligente : cela simplifie beaucoup les choses !
Ce fut un tournage réellement idyllique alors que j'appréhendais beaucoup cette première expérience. Je viens du documentaire, ce qui est un univers encore totalement différent de la fiction où j'avais à gérer toute une équipe. Nous avons eu une préparation au tournage un peu compliqué car la production était assez réduite, ce qui nous imposait peu de jours de tournage et en même temps j'ai réellement l'impression d'avoir fait le film que je voulais en ne faisant aucune concession. Le film est ce qu'il est mais il me ressemble beaucoup. Je pense qu'il ne plaira pas à tout le monde mais au moins j'ai l'impression que c'est moi et j'en suis très fière. Ce qui ne m'empêche pas d'y reconnaître des défauts. J'ai hâte de poursuivre et de réaliser le film suivant.

C. L. : La psychologie du personnage principal semble être marquée par une absence, celle de sa mère.
J. K. 
: Je parlerai davantage de frustrations. Pour moi c'est ce qui caractérise l'évolution du film, devenant son moteur même. Je ne souhaitais pas montrer l'origine précise de ces frustrations. J'avais davantage envie de raconter la naissance du désir qui n'aboutit pas. Les différents personnages sont d'ailleurs confrontés à leurs frustrations, qu'il s'agisse de Roman et son père comme des relations des autres personnages. Ils ont également en commun d'appartenir tous à deux cultures à la fois.


" Crache cœur"  de Julia Kowalski © DR " Crache cœur" de Julia Kowalski © DR
 
C. L. : Vous utilisez un lieu hautement symbolique qu'est le foyer autour de cette maison en construction : l'idée du foyer où l'individu peut s'épanouir est dès lors remise en cause, frustrée.
J. K. 
: Cette maison en chantier permanent est l'état intérieur foisonnant du personnage principal. De plus, je connais bien le milieu ouvrier polonais puisque j'en ai fait le sujet de mon documentaire précédent : c'était donc logique pour moi qu'il apparaisse. Quelque part, je ne me suis pas posé de question sur la part symbolique du film : tout émane des pores du personnage principal. Le sens apparaît aussi dans les secondes phases d'écriture. D'ailleurs, à un moment le film a failli s'intituler « En chantier ».

C. L. : L'adolescence avec ses questionnements sur l'identité était pour vous une période incontournable pour votre premier long métrage de fiction ?
J. K. 
: Durant l'adolescence, tout est démesure. Je m'intéressais en outre au contraste entre grand drame et extrême légèreté : l'adolescence est la période la plus appropriée à cet égard. En effet, à cet âge on a l'impression de vivre des choses énormes qui vont bouleverser nos vies alors qu'au final celles-ci n'ont aucune incidence. On retrouve aussi le schéma classique de la jeune réalisatrice qui s'intéresse à sa propre adolescence pour son premier long métrage. Parfois, on m'a demandé si ce n'était pas un film de plus sur l'adolescence. Mais au bout du compte, je me fiche de m'inscrire dans cette lignée : j'ai souhaité avant tout partager mon regard personnel sans me référer aux codes obligés du film sur l'adolescence. Je pense en conclusion qu'il y a autant de films d'ado qu'il y a de réalisateurs.

C. L. : Ce qui caractérise aussi cette adolescente, c'est qu'elle n'appartient à aucune bande : elle ment à tout le monde et est capable de ne puiser qu'en elle-même pour s'affirmer face aux autres, adultes ou non.
J. K. 
: Je pense que cela est dû évidemment à mon caractère et à ma vie. Je n'ai jamais fait partie d'une bande et même si j'en ai eu plein, je me suis toujours tenue à distance. Il n'y a dans ce film ni bons ni méchants : ils sont tous nuls, lâches, pervers et attachants, sensibles, ayant tous leurs raisons pour se justifier. Chacun possède sa dualité comme chacun de nous dans la réalité. De Rose, je voulais absolument éviter d'en faire un personnage lisse : il fallait que l'on voit ses aspérités.

C. L. : En ce sens, le personnage se construit lui-même sa féminité, en dehors de l'image « lisse et parfaite » désirée par le regard masculin.
J. K. 
: Oui, c'est vrai, même si je ne me revendique pas comme une cinéaste féministe. Mais pour moi la virilité n'est pas que chez les hommes : on la retrouve chez la femme parce que tout se confond. Rose est peut-être le personnage le plus viril dans le film car elle fonce et qu'elle n'a peur de rien. Elle n'a jamais peur du ridicule, alors que les hommes sont un peu lâches, comme ce père qui n'ose pas voir son fils, le fils qui joue les bad boys mais qui a peur de tout... Mais ce n'est pas là ma vision des hommes ! Parce que mon héroïne est une femme, que je voulais qu'elle soit forte, elle est donc devenue virile. Les hommes peuvent être faibles et pétasses de leur côté : cela n'est pas propre à un genre mais répond bien à des personnalités distinctes.

C. L. : Qu'est-ce que cela signifie d'avoir comme productrice Valérie Donzelli ? Cela suppose-t-il un encouragement à travers des valeurs communes en tant que cinéastes ?
J. K. 
: Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont été peu présents sur la réalisation : mon contact permanent a davantage été Mina Driouch, la troisième associée de leur société de production. En revanche ils ont été formidables de générosité, n'hésitant pas à me prêter leur appartement pour les répétitions. Je trouve formidable qu'elle se soit lancée dans un projet comme le mien qui est d'autant plus difficile que c'est un premier film sans acteurs connus. Elle a foncé corps et âme dans mon projet et c'est génial.
Nous avons certainement des points communs mais ils ne sont pas évidents : je ne me présente pas comme sa disciple. Dans nos choix de mise en scène, nous sommes à des années-lumière l'une de l'autre. Ainsi, Valérie Donzelli est très instinctive dans l'improvisation et la dynamique d'un tournage où tout se construit sur place, alors que je suis très réfléchie, j'ai besoin que tout soit millimétré, je parle beaucoup avec mon chef opérateur pour avoir des plans précis... il n'y a aucun hasard chez moi. Ainsi, la couleur des costumes doit être en corrélation avec la couleur des tapisseries, tel personnage dans tel décor doit porter telle couleur. Ce qui n'empêche pas que je sois parfois confrontée à l'improvisation mais cela reste rare. De telle sorte qu'au montage je me retrouve avec beaucoup de plans-séquence que je n'ai pas envie de redécouper. De son côté, Valérie Donzelli multiplie les angles et prises de vue et fait naître son film au montage.
Il est vrai que j'ai pu bénéficier de son énergie qui est tout simplement incroyable : c'est juste dingue et génial comme modèle ! C'est un honneur absolu d'avoir été produite par elle.



Source : https://blogs.mediapart.fr/cedric-lepine/blog/180816/entretien-avec-julia-kowalski-realisatrice-du-film-crache-coeur







Quelques images de cette première soirée:





























dimanche 2 avril 2017

Monter un film

Quelques vidéos utiles lorsqu'on veut travailler sur  le montage d'un film ou d'une vidéo:






















jeudi 30 mars 2017

La parole est aux élèves



Le vendredi 6 janvier, une sortie au Cinéma du Havre était organisée dans le cadre du projet Kinema, un projet de collaboration avec des élèves polonais et allemands. Trois films, représentant chaque pays, font alors partie du projet. Cette sortie nous a permis de visionner le film français "Les Combattants" et le film allemand "Der Nachtmahr" dont Carolyn Genzkow est l'héroïne, elle interprète le rôle de Tina.

                                          Der Nachtmahr

Plus récemment, le vendredi 17 mars, une conférence était organisée à l'hémicycle du Conseil Régional de Rouen grâce à la présence de l'actrice allemande. Les mêmes élèves présents au Havre étaient aussi présents à Rouen, cette conférence se déroulait bien évidemment en allemand, nous avions tous au préalable préparé quelques questions à poser à Carolyn. Celle-ci a fait de son mieux pour répondre aux interrogations de chacun, souvent même en détaillant ses réponses.

















Nous avons alors appris que son rôle dans "Der Nachtmahr" était son premier rôle principal dans un film. Elle nous a aussi expliqué qu'elle s'était "faite toute-seule", c'est-à-dire qu'elle n'est passée par aucune école du cinéma ou autres. 

Originaire de Hamburg, elle a été découverte dans la rue quand elle avait 10 ans. Elle a tourné dans beaucoup de publicités, de films et de séries télé. Elle joue actuellement une commissaire de police dans la série « Tatort ».

A côté de sa carrière de comédienne, elle fait également des études de psychologie, elle a obtenu une licence et prépare actuellement un master.

Elle nous a expliqué ce que cela faisait de jouer avec une poupée animée (le personnage du Nachtmahr n’est pas en images de synthèse), comment elle avait découvert le scénario du film, ce que ce film lui avait apporté dans sa carrière d’actrice.



Nous continuons aujourd'hui à travailler autour de cette interview et autour de ce film.

Maylène Dujardin, Sarah Grandsire, Théo Koppitz, Marius Patenère
1e S, lycée Thomas Corneille - Barentin

lundi 27 mars 2017

J'élève (et torture) mon enfant

Un classique que tous les Allemands connaissent et qui a sans doute fait la fortune de nombreux psychanalystes et psychothérapeutes:






Pour les non germanistes, un petit article en français:


le héros : le "Struwwelpeter"



Qui est-ce ? Pour un Allemand, la question est d’une simplicité enfantine. Outre-Rhin, tout le monde connaît ce petit garçon à l’imposante tignasse blonde et aux ongles trop longs : c’est le "Struwwelpeter", personnage qui a donné son nom à un célèbre livre pour enfants.
Quel pauvre gamin, un peu morose, plutôt négligé, perché sur un socle sur lequel on peut lire ces vers que tout Allemand connaît :

"Regardez-le déambuler
Pouah ! C’est Pierre l’Ebouriffé.
Les ongles de ses mains,
Longs comme un jour sans pain,
Jamais, jamais il ne les taille ;
Et ses cheveux sont en bataille !
Si bien qu’on dit à la ronde
Quel petit garçon immonde !"

Voilà plus de 150 ans que le malheureux "Struwwelpeter" se fait brocarder en ces termes. Plus précisément depuis 1844, année où le psychiatre allemand Heinrich Hoffmann se met en quête d’un cadeau de Noël pour son fils de trois ans.

Les livres d’images de l’époque n’étant pas à son goût, il rentre à la maison avec un cahier vierge, et, en quelques coups de plume, y dessine, écrit et rime une histoire destinée aux enfants.

Son œuvre fourmille de petits diables rebelles et impertinents, qui n’écoutent pas leurs parents. Ils sont donc punis. Mordus par un chien, amputés, brûlés vifs ou encore condamnés à mourir de faim.

Malgré son incroyable cruauté ou peut-être aussi à cause de ça, le petit livre illustré remporte un vif succès parmi les adultes et les enfants en ce réveillon de Noël 1844. Et de toutes parts, on incite le Docteur Hoffmann à le faire publier. Depuis, c’est un best-seller. En Allemagne comme dans de nombreux autres pays.

En France aussi, il y a un "Struwwelpeter", même si côté notoriété, il n’arrive pas à la cheville de son cousin allemand : rares sont les Français qui ont déjà entendu parler de Pierre l’Ebouriffé ou de Tignasse Crasse.

En Allemagne, en revanche, la plupart des héros du "Struwwelpeter" sont passés dans le langage courant. En tête : Gaspard-mange-ta-soupe, qui meurt de faim en cinq jours car il ne veut pas manger sa soupe. Aujourd’hui, il suffit qu’un enfant renâcle devant son assiette pour que sa mère lui lance : "Tu finiras comme Gaspard !".

Et s’il traverse la rue en rêvassant, on crie : "Fais attention, Jean-tête-en-l’air !". Jean, c’est le personnage qui tombe dans la rivière parce qu’il est toujours dans la lune. Et si un enfant joue avec un briquet, on lui dit : "Pense à Pauline !". Pauline, c’est la fillette du "Struwwelpeter" qui met le feu à ses vêtements et se transforme en torche vivante.

Philippe-qui-gigote, lui, se balance sur sa chaise. Un jour, il tombe à la renverse, emportant nappe et repas. Aujourd’hui encore, les hyperactifs sont affublés de ce sobriquet. Konrad, qui suce son pouce, est amputé des deux doigts. Clic ! Clac ! Si l’amputation est loin d’être une méthode officielle pour faire cesser ces mauvaises habitudes, on agite encore volontiers l’épouvantail de Konrad à des fins pédagogiques.

Le "Struwwelpeter" tient en haleine pédagogues et psychologues. La cruauté est-elle bénéfique ou dommageable pour les enfants ? Les uns estiment que la violence physique et psychique doit être bannie de l’éducation des enfants ; les autres mettent en avant le côté anarchique et anti-conformiste des petits rebelles.

Tout ce que je peux dire, c’est que, comme tous les Allemands, j’ai lu le "Struwwelpeter" dans mon enfance. Sérieusement, je ne crois pas que ça m’ait nui… n’est-ce pas ?
 
Texte : Hajo Kruse
Image : Philipp Seefeldt

dimanche 19 mars 2017

Chair et tendre

Ames sensibles et estomacs fragiles, fuyez!

Un film original sur le thème assez classique de l'entrée d'une jeune femme dans l'âge adulte, traité cette fois selon les codes du film horrifique façon Cronenberg ou Claire Denis dans Trouble every day.
L'interprétation de  Garance Marillier est fantastique et le film bien plus subtil qu'il n'y paraît au premier abord , tant dans le propos que dans la mise en scène, un petit grignotage mettant le spectateur bien plus mal à l'aise que des flots d'hémoglobine...




mardi 14 mars 2017

Carolyn Genzkow

Pour les germanistes, une petite interview donnée par Carolyn Genzkow, qui joue le rôle principal dans Der Nachtmahr, nous avons hâte de la rencontrer vendredi prochain...




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Carolyn Genzkow „Ich mag es nicht, wenn mein Kopf sich langweilt“

Von Kerstin Rottmann | Veröffentlicht am 30.05.2016

Schon 2011 bekam Carolyn Genzkow den Grimme-Preis, jetzt spielt sie in „Der Nachtmahr“. Von der jungen Schauspielerin wird man noch hören
Quelle: Getty Images

Mit zehn drehte sie den ersten Werbespot, mit elf den ersten Film. Bislang spielte Carolyn Genzkow meist den braven Teenager. In „Der Nachtmahr“ zeigt sie nun eine ganz andere Seite von sich.
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Seit dieser Woche ist sie in ihrer ersten Kino-Hauptrolle zu sehen. In „Der Nachtmahr“ spielt sie ein Mädchen namens Antonia, das Angst hat. Davor, uncool zu sein, hässlich gar, allein und isoliert. Typische Sorgen einer 17-Jährigen, die kurz vor dem Abitur steht, unglücklich verliebt ist, mit den Eltern streitet.
Antonias Ängste werden wahr, aber anders als gedacht. In der elterlichen Küche entdeckt sie eines Nachts, nach einer besonders exzessiven Party, etwas, das so widerwärtig ist, dass sie weder wegschauen noch -laufen kann. Es ist ein Wesen zwischen Alien, Greis und Embryo.
Dieses „Es“ kauert vor dem Kühlschrank, und hat eine Riesensauerei angerichtet. Zerschlagene Eier, aufgerissene Joghurtbecher und mittendrin dieses Monster, das frisst, rülpst und seltsame Geräusche macht. Antonia, genannt Toni, einzige Tochter einer wohlsituierten Familie, bricht ohnmächtig zusammen.

„Jeder von uns hat seinen Nachtmahr in sich“

„Mystery-Drama“ nennt der Regisseur mit dem Künstlernamen Akiz seinen Film. Die Low-Budget-Produktion (Etat: 100.000 Euro) ist viel gelobt worden. Wegen Bildern, die lange im Gedächtnis bleiben, und einer Hauptdarstellerin, die ihre Rolle mit zerbrechlichem Stolz verkörpert. Sie sei die einzige gewesen, die mit der Monsterpuppe spielen konnte, als hätte sie ein reales Wesen vor sich, sagt Akiz über Carolyn Genzkow.
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Carolyn Genzkow bei der Premiere des Films "Der Nachtmahr" in Berlin
Quelle: dpa
Die besorgten Eltern ziehen einen Psychologen hinzu, die Lage droht zu eskalieren. Was aber ist das alles? Der Ausbruch einer Psychose? Ein Drogentrip? Eine Art Coming of Age, ein jugendlicher Entwicklungsroman, in dem die pubertierende Heldin zu sich selbst findet? Carolyn Genzkow will es nicht verraten. Der Zuschauer komme schon allein auf gute Ideen, sagt sie.
Gerade diese Offenheit habe ihr an dem Drehbuch von Akiz gut gefallen. „Jeder von uns hat seinen Nachtmahr in sich“, glaubt Genzkow. „Es sind die Dinge, die nicht unserem Selbstbild entsprechen.“
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Mit sieben Jahren auf der Straße entdeckt

So wird die Kreatur auch zum Sinnbild dessen, was junge Erwachsene vielleicht am meisten fürchten: Außenseiter zu sein. (…)
„Wir alle kämpfen ja permanent darum, uns so zu zeigen, wie wir wirklich sind“, sagt sie. „Dabei suchen wir doch noch unsere Orientierung. Es gibt so viele Identitäten, so viele Möglichkeiten – welche davon nimmt man?“ Carolyn Genzkow, so viel ist klar, hat ihre Möglichkeiten schon früh erkannt und genutzt.
(…) Sie gab das brave Mädchen in Familienserien wie „Tierärztin Dr. Martin“, „Der Bergdoktor“. Dann spielte sie in der ZDF-Reihe „Frühling“ mit sehenswerter Bockigkeit die pubertierende Tochter von Familienhelferin Katja Baumann, verkörpert von Simone Thomalla.
Den Durchbruch ins ernste Schauspielfach aber, den hätte manch einer ihr nicht unbedingt zugetraut. Regisseurin Aelrun Goette war es, die mehr in Carolyn Genzkow sah als das kleine Mädchen mit dem schmalen, ausdrucksstarken Gesicht.
Sie führte die Autodidaktin, die keine Schauspielschule absolviert hat, durch „Keine Angst“, einen Film, der von Jugendlichen am Rande der Gesellschaft handelt. Für ihre, wie sie selbst sagt, „bisher schwerste Rolle“ bekam Genzkow den Deutschen Fernsehpreis als „Bestes Nachwuchstalent“, 2011 dann, als Ensemblemitglied, erhielt sie den Grimme-Preis.
„Ich neige zu abgründigen Rollen. Junkies, Magersüchtige, Mörderinnen“, sagte sie damals, mit gerade einmal 18 Jahren. Wie ihr das gelingt? „Ich überlege mir, wo die Parallelen zwischen mir und der Rolle sind, wo man die Abgründe in sich findet.“
Ein herausforderndes Drehbuch ist ihr wichtig. Immer wieder arbeitet sie auch in kleinen Produktionen, für die sie wenig oder keine Gage, aber viel Lob bekommt, so wie in „Der Nachtmahr“. Den dunklen Charakteren bleibt sie dabei treu. Davon zeugen Gastspiele in zahlreichen TV-Kriminalfilmen, nicht zuletzt im Berliner „Tatort“, in dem Genzkow bereits fester Teil des Ermittler-Teams um Mark Waschke und Meret Becker ist.

Das Reizvolle an der Schauspielerei

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Damals, nach dem Gewinn des Grimme-Preises nahm sie sich erst einmal eine Auszeit und reiste nach Tansania, um dort ein Praktikum zu machen, als eine Art „Reality Check“. In Afrika ist sie davor schon einmal gewesen, gleich nach dem Abitur hat sie in einem Waisenhaus gearbeitet.
Neben der Arbeit als Schauspielerin hat sie noch ein Studium abgeschlossen. Einen Bachelor in Psychologie, gerade erst absolviert und „in der Regelstudienzeit geschafft“, sagt sie stolz. Sie will Menschen verstehen, was sie umtreibt, aber auch was sie plagt – das reizt sie an der Schauspielerei, aber auch an der akademischen Analyse.
Wie schafft sie das alles, schon allein zeitlich? Die Antwort klingt entschlossen. „Ich mag es nicht, wenn mein Kopf sich langweilt. Und ich wollte nicht, dass nach der Schule ein Punkt kommt, an dem ich mir kein Wissen mehr aneigne. Außerdem habe ich es gelernt, sehr organisiert zu sein“, sagt die Frau, die bereits als Kind viele Termine hatte. Sie wirkt in diesem Moment wie eine, die zu schnell erwachsen wurde.