mercredi 22 février 2017

Ceux qui ont des visions

Tina, l'héroïne de Der Nachtmahr, est la seule de sa famille à voir et à entendre le petit gnôme qui pille nuitamment le réfrigérateur.

Des jeunes gens victimes de visions ou d'hallucinations ne sont pas rares au cinéma. On pense bien sûr au personnage joué par Catherine Deneuve dans Répulsion de Roman Polanski (aaaaah, les mains qui sortent des murs pour vous tripoter...):




Loin en terme de qualité du chef d'oeuvre précédemment cité mais malgré tout non dénué d'intérêt, Donie Darko de Richard Kelly, grâce à qui vous ne regardez plus tout à fait les lapins de la même façon...





lundi 20 février 2017

Nosferatu et autres vampires

Un classique incontournable, dont on trouve l'écho dans Der Nachtmahr : le premier film de vampire de l'histoire du cinéma, Nosferatu de Murnau:




Le film en entier se trouve sous le lien suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=CLQZX5pbxdQ

Mais qui êtes-vous, Akiz?

Quelques liens afin de faire plus ample connaissance avec Achim Bornhak, alias Akiz, le réalisateur de Der Nachtmahr.

Tout d'abord, le lien vers son site officiel (Akiz est avant tout plasticien):

http://www.akizikon.com/


Un court-métrage d'Akiz sur une performance plastique à Berlin en 2011 (1mn21) :





Une vidéo où il parle du film, d'accord, c'est en allemand sans sous-titres, mais on peut voir des images de la genèse du petit monstre et des extraits du tournage de Der Nachtmahr (25 mn):




Une autre vidéo, également en allemand, extraite d'un documentaire sur la genèse du personnage du Nachtmahr (9 mn):







Et pour finir, une interview d'Akiz et de sa soeur, l'auteur du documentaire nommé ci-dessus (4mn39):







Noir c'est noir

Le film Der Nachtmahr développe, au delà des oeuvres de Füssli à qui il emprunte son titre, des thèmes et des ambiances issus du romantisme noir et du roman gothique.

Afin de faire résonner les réminiscences dont se nourrit Der Nachtmahr, on peut se référer avec grand profit à l'exposition présentée en 2013 par le Musée d'Orsay: L'ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst:

  http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-detaillee/page/0/article/lange-du-bizarre-35087.html?cHash=5054557445

Cette exposition est largement commentée sur le site de France Culture sous le lien suivant:

https://www.franceculture.fr/histoire/quest-ce-que-le-romantisme-noir-litterature

Dans un registre moins savant, on peut regarder avec bonheur deux films à la limite du nanar (mais il ne faut pas bouder son plaisir) qui reprennent avec enthousiasme et force hémoglobine les thèmes de la schwarze Romantik et du roman noir anglais:
 
Gothic de Ken Russell:



Horsehead de Romain Basset:


Der Nachtmahr en peinture

Afin d'étayer notre travail sur Der Nachtmahr, je vous propose une petite vidéo sur le tableau de Füssli portant le même titre que le film:



Et pour les fans, une biographie du peintre:

http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/F%C3%BCssli/152264

Héros allemands

On reproche souvent au cinéma allemand actuel de ne traiter que de sujets historiques en lien avec l'époque nazie ou celle de la RDA.
Certes, force est de constater que les films allemands distribués en France sont majoritairement des films à sujet historique et pas forcément les meilleurs tournés outre Rhin, mais là, il s'agit d'un autre débat, celui des choix opérés par les distributeurs sus-nommés qui ne raisonnent pas uniquement d'un point de vue artistique...
 Cela dit, cette affirmation n'est selon moi pas correcte, à la fois parce que le cinéma allemand actuel est riche d'oeuvres originales et aussi parce que ces films à thématique historique peuvent être l'occasion d'aborder des thèmes complexes comme celui de la "Vergangenheitsbewältigung", mot à mot, le fait de digérer son passé, en l'occurrence le passé nazi.

Je vous recommande à  ce sujet un film certes classique dans la forme mais passionnant sur le fond, Le labyrinthe du silence/Im Labyrinth des Schweigens:




Un autre film, (hélas) également très classique mais non moins intéressant : Der Staat gegen Fritz Bauer/Fritz Bauer, un héros allemand



Et un lien vers un article très éclairant:

http://www.lesinrocks.com/2016/04/13/cinema/olivier-guez-impossible-de-recreer-monde-juif-germanique-davant-guerre-11819525/

vendredi 17 février 2017

Mon père, ce héros

A l'occasion de sa sortie en DVD, je vous recommande vivement le film de Maren Ade  
Toni Erdmann :




Un petit article pour accompagner votre visionnage du film:


A l’occasion de la sortie en DVD de Toni Erdmann chez BlaqOut, retour sur le film événement de 2016, oeuvre étrange et virtuose.

Toni Erdmann restera l’un des parangons de l’année filmique passée. Dans un climat de fatigue sociale, une bête à poils sortie du folklore bulgare va servir de médiateur à la réalisatrice, Maren Ade, entre une fille et son père. Ou comment la fiction permet de se reconnecter au réel.
Inès travaille comme consultante  pour une boîte – une de ces entreprises là, qu’importe, celles qui représentent la dérive d’une société de fantoches. Elle se laisse guider par son travail, son mode de vie linéairement organisé par les contrats qui se présentent (repos, sexualité, soirées). Elle ne voit plus son père. Lui, Winfried, décide d’aller la retrouver à Bucarest, suite à une visite impromptue dans son Allemagne natale où il l’a trouvée, désenchantée et sans élan profond, le visage marqué par une moue indifférente, au mieux un sourire de façade.

Killeuse et dentier
Inès s’est créé un personnage qui intervient maladroitement dans son travail, celui de la femme aux cheveux tirés et tailleur, avenante et fragilement sûre d’elle. Ce qui lui demande une énergie folle, dans le cadre d’une supercherie à grande échelle, celle des marchés de l’économie capitaliste, et contamine sa vie hors cadre professionnel. Le personnage construit par Winfried, inventé depuis quelques temps sûrement mais qui est amené à évoluer au contact de sa fille, est lui un véritable double : Toni Erdmann. Toutes dents dehors, comme le nez du clown, il vient faire dévier, pesant de tout son poids, la morne ligne droite sur laquelle s’est engagée Inès. Mais pas de morale, seulement une façon pour le père d’échanger de nouveau avec sa fille.

 La virtuosité de Maren Ade
Et c’est là que se trouve la virtuosité de l’œuvre de Maren Ade : attachés au point de vue d’Inès, les multiples récits, celui du film et des doubles fictifs des personnages menés par l’improvisation de Toni Erdmann face aux évènements qui se présentent (un rendez-vous protocolaire, une visite de chantier), se mêlent et se nourrissent. Finement, la jeune femme voit sa vision de la société bousculée par cet étrange personnage, aux manières brusques, faussement brusques. Et cette confrontation, sans emphase de la mise en scène qu’on pourrait croire naïve, fait naître des instants d’une rare émotion, qui explose en un souffle retenu, avec pudeur mais franchise, et sans conviction faite. Chez Inès, le doute est toujours là, mais sa tête est tournée vers d’autres voies, encore invisibles.
Toni Erdmann vient de sortir en DVD et Blu-ray chez BlaqOut, accompagné d’une interview de la réalisatrice. Reparti bredouille de Cannes, il n’en reste pas moins un film qui aura marqué les esprits, preuve en est les 340 000 spectateurs qui se sont réunis pour le voir en plein mois d’août, malgré ses 2h42 et l’anonymat relatif de sa réalisatrice, sa bonne position dans la course aux Oscars et Césars du meilleur film étranger, ainsi que le remake américain tout juste annoncé, avec Kristen Wiig et Jack Nicholson dans les rôles principaux..